Hypnum cupressiforme Hedw., 1801

Synonymie
Taxonomie

Stereodon cupressiformis
Drepanium cupressiforme

Pour une synonymie complète voir Bryonames : 
https://www.bryonames.org/

Ordre : Hypnales

Famille : Hypnaceae

Ecologie

Espèce très ubiquiste, occupant de nombreuses niches écologiques. On l’observe sur les arbres, les rochers et le bois mort dans tout type d’habitats, ainsi que les murs et toits en ville, le béton et le sol. Elle s’adapte à tous types de contextes, des forêts sombres aux pelouses thermophiles.

Description

Pleurocarpe très polymorphe, de taille petite à grande, présentant une variabilité extraordinaire ! Elle forme des tapis denses, souvent sur des grandes surfaces, mollement appliqués au substrat, de couleur verte, jaune pâle ou cuivré. Selon les variétés, elle est régulièrement ramifiée ou non.

Les feuilles sont ovales lancéolées, entières et se terminent par un long acumen. Elles sont dites secondes, c’est-à-dire qu’elles pointent toutes dans la même direction (la face ventrale de la plante) indépendamment de leur position sur la tige. 

La nervure est double, très courte, invisible sur le terrain, difficilement observable au microscope. Les cellules sont vermiculaires, à l’exception des cellules alaires, carrées, grandes et aux parois épaisses.  

Trois variétés communes se distinguent :

var. cupressiforme est de forme intermédiaire, possède des feuilles nettement secondes et se développe à l’horizontal. On l’observe sur tout type de substrats.

var. filiforme est de petite taille, les feuilles sont faiblement secondes et elle se développe à la verticale. On l’observe principalement sur les troncs et les rochers.

var. lacunosum est de grande taille, de couleur jaune-cuivrée. Elle occupe les pelouses sèches calcicoles, et d’autres habitats thermophiles secondaires.

Caractères diagnostiques

Cette espèce est difficile à appréhender au début, car très déroutante par sa variabilité. Une fois l’habitude prise, elle devient plus facile à reconnaître. Il est surtout utile d’apprendre à connaître les espèces qui peuvent lui ressembler.

Le point commun de toutes ces variétés réside dans l’imbrication des feuilles sur la tige, donnant l’aspect d’un bracelet tressé. Les feuilles secondes confèrent un aspect « gonflé » aux rameaux.

Répartition

L’espèce est peut-être la plus commune de France.

Cette carte peut possèder des imprécisions, notament liées à l’acquisition de nouvelles connaissances ces dernières années. Carte issue de l’atlas des bryophytes de France métropolitaine par départements. Office français de la biodiversité – Conservatoires botaniques nationaux,

A propos

84 variétés de l’espèce ont été décrites dans l’Histoire ! 5 sont reconnues en France.

Pour en savoir plus : The Hypnum cupressiforme complex in the British Isles

Confusion possibles

De nombreuses espèces peuvent lui ressembler, mais à part H. andoi et H. jutlandicum aucune n’est vraiment commune. 

Hypnum andoi est une espèce de petite taille qui se développe à la verticale sur les rochers acides et les troncs. Elle est plus petite et plus uniforme. On la distingue surtout grâce au minuscule apicule qui orne l’opercule des capsules (grand rostre chez H. cupressiforme).

Hypnum jutlandicum pousse au sol dans les habitats acides, ressemble exactement à la var. cupressiforme mais est jaune clair, régulièrement ramifiée et très stable morphologiquement (toujours régulièrement pennée, de la même couleur et bien détachée du substrat).

Hypnum resupinatum possède des feuilles secondes dont la pointe est inclinée vers la face dorsale de la plante, à l’inverse de H.cupressiforme.

Rhytidium rugosum peut ressembler à la var. lacunosum qui pousse dans le même habitat, mais possède des feuilles « cabossées ».

Calliergonella lindbergii pousse sur sol et possède des feuilles sans acumen, régulièrement rétrécies. Elle a un port dressé et non appliqué au substrat.

En montagne d’autres Hypnum semblables sont observables. Une attention particulière doit alors être portée à ce genre.

Illustrations
var. cupressiforme

Certains individus sont bien moins typiques, ici les feuilles sont à peine secondes.

Colonie sur montrant l'aspect tressé des feuilles sur la tige.

Les feuilles sont falciformes.

Les jeunes tiges sont rampantes sur le substrat et présentent des feuilles peu secondes. On les confond alors avec Homalothecium sericeum.

Les tiges sont presque toujours régulièrement ramifiées.

Tige de profil montrant les feuilles secondes. Même celles du dessus de la tige sont arquées vers le bas.

Espèces semblables

Hypnum jutlandicum comparé à cupressiforme (à gauche) présente toujours une teinte très claire. On peut en garder une tige dans la poche pour comparer la couleur aux colonies d'Hypnum rencontrées.

Rhythidium rugosum possèdes des feuilles "froissées".

Hpynum resupinatum ressemble à filiforme mais les feuilles sont nettement orientées vers le haut.

Calliergonella lindbergii pousse sur les sols humides, et possède un port peu ramifié et redréssé.

Ressources

Illustrations de Bryologia gallica (var. cupressiforme).

Illustrations de Bryologia gallica (var. filiforme).

Illustrations de Bryologie gallica (var. lacunosum).

Fiche espèce de la BBS.

Anderson, L. E., & Augier, J. (1967). Flore des bryophytes. Morphologie, anatomie, biologie, ecologie, distribution geographique. The Bryologist, 70(1), 134.

Atherton, I., Bosanquet, S. D. S., & Lawley, M. (2010). MOSSES AND LIVERWORTS OF BRITAIN AND IRELAND : a FIELD GUIDE

Blockeel, T. L., Bosanquet, S. D. S., Hill, M. O., & Preston, C. (2014). Atlas of British & Irish bryophytes. British Bryological Society.

Celle J., Gourvil J., Amblard P., Bailly G., Bardet O., Bernard E., Borgomano S., Burkhart J-A., Cartier D., Cléré E., Debay P., Dupré R., Filoche S., Greffier B.,
Hauguel J-C., Infante Sanchez M., Kerinec P., Labroche A., Lecron J-M., Legland T., Masson G., Offerhaus B., Prey T., 2024. Atlas des bryophytes de France
métropolitaine par départements. Office français de la biodiversité – Conservatoires botaniques nationaux, 1429 p.

HUGONNOT V. & CHAVOUTIER J. L. 2024. — Les Bryophytes de France. Volume 2 : Pleurocarpes et sphagnales. Muséum national d’Histoire naturelle, Paris ; Biotope, Mèze, 720 p. 

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