Foire aux questions
Cette rubrique aborde quelques questions souvent posées sur les mousses.
Est-ce que les mousses sont des plantes ?
Les mousses sont des plantes, contenant de la chlorophylle et réalisant de la photosynthèse. Elles possèdent des tiges et des feuilles, mais pas de fleurs. A la place des racines, elles possèdent des rhizoïdes, qui les fixent au substrat mais ne les alimentent pas en eau et en nutriments.
A quoi servent les bryophytes ?
A rien … Tout comme l’espèce humaine sur Terre. Rien n’est fait pour avoir une utilité. Vous pouvez trouver une liste des utilisations des bryophytes dans la partie “Généralités sur les bryophytes”. D’un point de vue plus pratique, les bryophytes produisent de l’oxygène, stockent de grandes quantités d’eau et de carbone et participent à la cicatrisation des sols.
Comment débarrasser ma pelouse des mousses ?
Les mousses ne tuent pas, ni n’étouffent l’herbe des pelouses. Elles se développent là où l’herbe ne pousse pas. C’est le dépérissement du gazon qui favorise l’installation de la mousse et non l’inverse. Se débarrasser des mousses n’aide en aucune façon un gazon en mauvais état.
Le sulfate de fer est souvent utilisé par les jardiniers amateurs pour se débarrasser des mousses dans leur pelouse. Cette opération va, dans un premier temps, tuer les mousses mais aura pour effet d’acidifier le sol et de favoriser une repousse de la mousse ou bien de plantes herbacées indésirables l’année suivante.
La meilleure solution est de favoriser la pousse du gazon en espaçant les tontes. En la laissant se développer, l’herbe couvrira la mousse et prendra sa place. Vous pouvez également tirer avantages de vos bryophytes pour vous créer un petit jardin de mousses. Au Japon, c’est une tradition séculaire et des jardins entiers sont constitués de mousses.
Les mousses abîment-elles les murs ?
Contrairement aux idées reçues, les mousses n’abîment pas les murs. Elles ne possèdent pas de racines, et ne peuvent donc pas fissurer les mortiers. Au contraire, elles forment une couche protectrice, limitant l’érosion des joints par l’eau et le vent, et assurent une isolation thermique, limitant l’effet de la dilatation par la chaleur, ou du gel.
En prime elles captent une partie importante des polluants extérieurs, dont l’acidité dégradent les joints calcaires.
En revanche les actions de démoussage sont généralement nocives. Le brossage des mousses érode les mortiers, les produits chimiques sont toxiques pour l’utilisateur, et les solutions à base de javel ou de vinaigre sont particulièrement agressives pour les joints.
Pour en savoir plus voir le guide « Favoriser et connaître la biodiversité des murs » de Plante et Cité.
Faut-il éliminer les mousses présentes sur les arbres ?
Les mousses croissant sur les arbres sont des épiphytes (qui poussent sur d’autres plantes) et non des parasites. Elles se nourrissent de l’eau de pluie et des éléments nutritifs transportés par le vent ou la dégradation de l’écorce. Elles ne présentent aucun risque pour l’arbre.
Les mousses indiquent-elles toujours le nord ?
Les mousses poussent de préférence sur le côté du tronc le plus humide et le plus abrité du soleil. C’est pourquoi, on les trouve souvent sur la face nord des troncs d’arbres, mais cela peut varier d’un site à l’autre, selon l’inclinaison du tronc, les conditions d’humidité, de vent et d’ensoleillement. Dans les lieux très humides, les mousses croissent tout autour des troncs d’arbres.
Quelle taille fait la plus petite et la plus grande mousse ?
La plus petite mousse d’Europe est la Petite arverne à petites feuilles (Arvernella microclada), dont les feuilles mesurent environ 150 micromètres de long ! Les plus petites hépathiques sont les Kurzia, dont les feuilles mesurent environ 200 microns.
La plus grande mousse est Dawsonia superba originaire d’Australie et de Nouvelle-Zélande.
Pourquoi on dit “bryophyte” pour dire “mousse” ?
Le terme bryophyte est plus précis. Il désigne un groupe incluant à la fois mousses, hépatiques et anthocérotes.
Composé de bryo = mousse et de phyte = plante : ça permet au botanistes d’être sur de parler de la bonne mousse !
Qui mange la mousse ?
Quelle est l’histoire évolutive des mousses ?
Les mousses sont apparues il y a plus de 450 millions d’années, parmi les premières plantes à coloniser les terres émergées, avant les fougères, les conifères et les plantes à fleurs ! Les mousses sont donc les ancêtres de toutes les plantes terrestres actuelles.
Pour survivre hors de l’eau, elles ont eu recours à de nouvelles inventions :
- La reviviscence : le fait de se mettre en dormance en l’absence d’eau, et de reprendre son développement après ;
- Les stomates : des structures qui permettent de respirer, qu’on retrouve toujours chez les plantes à fleurs.
Quel est l’impact du changement climatique sur les mousses ?
Comme tout le vivant, les mousses vont subir le réchauffement climatique.
En Suisse, on a observé que les espèces liées aux climats froids sont en train de disparaître des basses altitudes, et à l’inverse « grimpent » à des hauteurs où elles n’avaient jamais été observées jusqu’ici (Bergamini et al. 2009). Malheureusement elles ne peuvent pas aller plus haut que le sommet, et ces espèces seront donc amenée à disparaitre sur le long terme.
A l’inverse, Lunularia cruciata ,espèce très commune mais d’origine méditerranéenne semble devenir de plus en plus souvent fertile, car les mâles apparaissent principalement dans les climats chauds.
Dans l’ensemble, les bryophytes sont très sensibles aux conditions climatiques, et beaucoup d’espèces rares sont liées à des « micro-climats ». Ces micro-climats correspondent à des sites de quelque km² ou cm² où l’humidité, le vent et la température sont très différentes du reste de la région (côte exposée au sud, ravin exposé au nord, grottes, toiture, faille dans un rocher ou un arbre). L’évolution du climat va amener des changements importants sur ces conditions locales, et amener à la disparition de ces micro-climats, et à l’apparition de nouveaux.
Les espèces vont donc être amenées à se déplacer dans les années à venir, à la fois vers le Nord et en altitude, afin de retrouver les conditions climatiques qui leur convienne. Pour la France, cela veut dire la disparition des espèces liées aux climats froids et la progression de celles liées aux climats méditerranéens. Cependant il a été établi que les bryophytes se déplacement moins vite que le climat ne change, et un appauvrissement global des cortèges, particulièrement dans les milieux humides et montagnards est à prévoir (Chimyang et al. 2024).
Ce changement peut être particulièrement dommageable dans les écosystèmes où les mousses jouent un rôle structurant (tourbières, bas marais, forêts, éboulis etc.).
